Coronavirus. En Turquie, Erdogan impose la solidarité… obligatoire

Quand les jours mauvais seront passés, il nous restera l’image de notre fraternité et de notre solidarité , a lancé le président Recep Tayyip Erdogan, fin mars, pour lancer sa campagne nationale de dons.

L’objectif ? Venir en aide aux familles fragilisées par la crise économique, aggravée par l’irruption du coronavirus. Le Président en personne a versé sept mois de son salaire. Mais ce geste n’a pas apaisé les critiques de l’opposition. Elle s’indigne que le gouvernement fasse appel à la charité publique pour remplir une mission qu’il devrait assumer.

Retenue sur salaire

Surtout, le mode de prélèvement de ces « dons » crée la polémique. Dans la fonction publique comme dans certaines entreprises d’État, à l’image de la société d’hydrocarbure Botas, les employés sont informés par SMS d’une retenue sur leur salaire. Ceux qui souhaitent verser moins sont invités à prendre contact avec la direction

Dans certaines écoles, des directeurs zélés ont demandé aux professeurs d’envoyer de l’argent et de leur transmettre une preuve du versement. Nous sommes intervenus pour y mettre fin », raconte Mesut Yilmaz, un syndicaliste enseignant.

La somme récoltée en six jours [200 millions d’euros] n’est pas très importante, souligne l’économiste Mustafa Sönmez. Les milieux d’affaires, même ceux proches du pouvoir, ont peu répondu à l’appel. Erdogan a pourtant un besoin pressant de cet argent pour le redistribuer aux couches défavorisées qui forment sa base électorale et qui sont les premières victimes de la crise.

Source : Sud Ouest