Athènes veut renvoyer en Turquie 10 000 migrants d’ici fin 2020

Au lendemain d’un incendie meurtrier dans un camp de migrants situé sur l’île de Lesbos, le gouvernement grec a annoncé plusieurs mesures pour faire face à la crise migratoire.

Des migrants et des réfugiés dans le camp de Moria sur l’île de Lesbos, en Grèce, le 23 septembre 2019.

Des migrants et des réfugiés dans le camp de Moria sur l’île de Lesbos, en Grèce, le 23 septembre 2019. Michael Varaklas / AP

Le gouvernement grec a annoncé, lundi 30 septembre, sa volonté de renvoyer en Turquie quelque 10 000 migrants d’ici la fin 2020, après un conseil des ministres convoqué en urgence au lendemain d’un incendie meurtrier et d’émeutes dans un camp de l’île de Lesbos. « De 1 806 retours en quatre ans et demi sous le précédent gouvernement Syriza » d’Alexis Tsipras, le cabinet du premier ministre conservateur, Kyriakos Mitsotakis, veut passer « à 10 000 retours jusqu’à fin 2020 », selon un communiqué publié après le conseil des ministres.

Avec la multiplication des arrivées d’exilés sur ses îles de la mer Egée, la Grèce vit sa « pire période » migratoire depuis l’accord UE-Turquie de 2016, avec 70 000 migrants et réfugiés sur son territoire, a déclaré lundi à Lesbos le ministre adjoint à la protection civile, Lefteris Oikonomou.

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Le camp de migrants de Moria, sur l’île de Lesbos, s’est réveillé sonné lundi par un incendie qui a tué au moins une réfugiée. Selon les médias grecs, une couverture brûlée retrouvée à côté de la femme morte contiendrait des résidus de peau qui pourraient appartenir à l’enfant de la défunte, un nouveau-né. L’incendie, qui selon des migrants serait parti d’un petit commerce ambulant, a été suivi d’une soirée d’émeutes.

Les services de l’asile sont débordés

Parmi les autres mesures annoncées lundi par le gouvernement figurent le renforcement des patrouilles en mer Egée, la poursuite des transferts de migrants des îles vers le continent, la construction de centres fermés pour les illégaux ou ceux dont l’asile a été refusé, ou encore la refonte du système de l’asile.

Le pacte entre Bruxelles et Ankara, entré en vigueur le 20 mars 2016, prévoit le renvoi en Turquie des migrants illégaux arrivant sur les îles grecques proches de la Turquie (généralement Lesbos, Chios, Kos, Leros et Samos) et des réfugiés syriens pour lesquels la Turquie est considérée comme « un pays sûr ». Il a fait drastiquement baisser le nombre d’arrivées, après la vague qui avait vu passer un million de personnes, en majorité des Syriens, par la Grèce vers le reste de l’UE en 2015 et début 2016.

Cependant, la plupart des personnes arrivées sur les îles grecques depuis mars 2016 ont demandé l’asile en Grèce pour échapper au renvoi. Les services de l’asile sont débordés et les autorités grecques avaient jusqu’à présent laissé les personnes sur les îles, à l’exception des plus vulnérables, en attendant la réponse définitive à leur demande d’asile. Le gouvernement de gauche d’Alexis Tsipras estimait que les termes du pacte ne permettaient pas de renvoyer en Turquie une personne déboutée de l’asile si elle ne se trouvait pas physiquement sur l’île où elle est arrivée.

Source : Le Monde